dimanche 12 novembre 2017

11 novembre

Putain de guerre - Tardi
Il y a un an, j'écrivais ce qui suit. Akoibon se casser l'cul à toujours inventer ce que tout le monde sait jusqu'au dégueulis, tant l'oubli est vif aux esprits ! J'ajoute des nouveaux crobards d'Erby, parce que lui sait aussi de quoi il s'agit. Pourquoi chacun agit.

A deux pas de chez moi, entouré d’un quartier résidentiel, où les oiseaux demandent la permission de vocaliser, est érigé un mémorial, ouvrage réalisé pour célébrer le souvenir des enfants du pays expédiés à l’abattoir lors des deux « grandes guerres », parce que telle était et demeure la volonté des Etats aux ordres de la finance mondiale. Il y a deux ou trois jours, un employé communal karcherisait le granit pour lui donner le lustre de circonstance. La propreté a son prix. Je n’ai pas pu retenir un profond sentiment de dégoût, pensant à ce mot de Romain Rolland : « La guerre est le fruit de la faiblesse des peuples et de leur stupidité ».
Les rupins déclenchent les guerres – souvent quand la situation sociale est explosive et le risque de révolution palpable –, organisent des campagnes de propagande haineuses, expédiant par millions de la chair à mitraille sur tous les fronts et, une fois le « ménage » terminé, les peuples comptent les morts, maudissant le frère des pays voisins, qu’ils tiennent pour responsable de l’horreur... Roule frénétique petit tambour !
Aujourd’hui, devant une foule nourrie à l'aliment pour bétaille, on glorifie les survivants, évoquant les clamecés pour rien, mais on célèbre surtout un acte criminel majeur, sous le regard des grandes familles qui l’ont commandité.
A l’ombre des drapeaux nationaux, on dépose des gerbes sur la tombe du soldat inconnu, on se recueille, on ravive la flamme, on entretient les crimes passés pour alimenter les prochaines boucheries !
« Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères, la partie du genre humain consacrée à l’héroïsme sera ce qu’il y a de plus affreux dans la nature entière », écrivait Voltaire.

Sur le sujet, chez le Cénobite : Maudite soit la guerre...



Sous l'casque d'Erby

lundi 6 novembre 2017

Les grands paradoxes de "la Révolution d'Octobre"

La Révolution d'octobre, selon les données astronomiques, a eu lieu en novembre 1917. Les Bolcheviques se sont d'ailleurs ralliés au calendrier (religieux au départ) grégorien en 1918, alors que la hiérarchie orthodoxe continue encore aujourd'hui à utiliser le calendrier julien.

La Révolution d'Octobre fut tout au plus un coup d'État, on ne déplora qu'une dizaine de morts, ce qui est fort peu pour un évènement qui bouleversa le Monde des humains dans ses fondements.

 prise du Palais d'Hiver à Petrograd

La Révolution d'Octobre fut favorisée par les ennemis de la Russie, l'Allemagne, certes, qui laissa passer le train plombé de Lénine et le soutint financièrement ; mais aussi le complexe bancaire anglo-saxon (déjà, eh oui !) qui apporta à Trotski le mondialiste les fonds nécessaires (un peu comme il fut l'apporteur de fonds et de conseils aux traîtres Monnet et Schuman en 1944-45). Les vautours du Grand Capital étaient prêts à dépecer le mourant empire russe : pour une grande part, ils en furent pour leurs frais.

(premier hymne de 1917)

La Révolution d'Octobre fit en sorte de conserver la Russie au frais, loin de ses prédateurs, c'est au point que ce n'est qu'entre 1991 et 1999, avec Eltsine, que ceux-ci eurent le loisir de s'enrichir aux dépens des peuples russes. Dans ce sens-là, elle joua bien son rôle. La Russie demeura et demeure la Russie, quoi qu'en pensent les sympathiques dirigeants de Londres et d'ailleurs. La curée escomptée ne réussit pas : d'où cette haine mise en scène jusqu'à aujourd'hui, à grands coups d'envolées de manches médiatiques et méphitiques. De même les "internationalistes" de Trotski ne purent guère écarteler ce grand corps fragile qu'est une Russie tellement étendue. Ni leurs successeurs comme Brzezinski et d'autres du même bois dont on fait les fagots à brûler...

La Révolution d'octobre commença en pleine nuit, du 6 au 7 novembre 1917, quand les Bolcheviques investirent les bâtiments administratifs principaux de Petrograd (Saint Pétersbourg, qui fut aussi pendant un temps Leningrad). Le palais d'été fut envahi assez facilement. Ce fut vite terminé. Peu après minuit l'ancien gouvernement provisoire de Kerenski en place depuis février signa sa capitulation. Il n'avait pas été brillant.

C'est seulement alors que Lénine, alors réfugié en Finlande, revint rejoindre Trotski et ses troupes. La NEP (nouvelle politique économique) allait pouvoir commencer, ce qui avec le recul fut une bonne chose.

Des lectures pour compléter ?





Certes, ce caillou a cette fois des intonations graves. Ce centenaire est tellement lourd de significations, à une heure où un panier de crabes washingtonien pousse à la fin de l'humanité.

Sous l'Casque d'Erby

Gold save the queen !...

 

mardi 31 octobre 2017

vendredi 27 octobre 2017

Le Funambule, de Jean Genet

Source

Par Rem*

Je viens enfin de lire « Le funambule » de Jean Genet, dont je ne connaissais (depuis des décennies) que les plus célèbres citations. Et je découvre que ces citations sont, sinon assassines, du moins impuissantes à révéler la très étrange beauté de ce texte. Celle d’un bloc animé d’une tension lyrique très singulière, 25 pages d’écriture étincelante qui forment une sorte de poème en prose serrée, comprenant fortes et folles déclarations d’amour de l’auteur pour le corps de l’artiste, son art virtuose et sa mort attendue...
Oui ce texte est fascinant de maîtrise pour dire justement la fascination qu’exerce sur le poète Genet le funambule Abdallah. Et Genet fait là exercice littéraire parallèle à l’exercice physique du danseur acrobate, exercice inouï pour un gratuit « geste de beauté », tant du spectacle de cirque que du texte créé. Avec cette différence fondamentale que le poème reste pour toujours créé tandis que le funambule ne danse qu’un fugitif moment. Puis entre deux spectacles survit en « vieille clocharde édentée » ... ou bien tombe et meurt.
Mais, si reste le poème parfois, le poète, lui, passe toujours : vit sa vie de funambule entre sauts périlleux et clocharde édentée ...ou bien tombe et meurt.
Avis aux cartésiens : cette littérature n’est pas pour vous, car Genet est un fou.  En fin de texte, il assène : « Il faut aimer le Cirque et mépriser le monde. Une énorme bête, remontée des époques diluviennes, se pose pesamment sur les villes : on entre, et le monstre était plein de merveilles mécaniques et cruelles : des écuyères, des augustes, des lions et leur dompteur, des trapézistes allemands, un cheval qui parle et qui compte, et toi. (…) Dehors, c’est le bruit discordant, c’est le désordre ; dedans c’est la certitude généalogique qui vient des millénaires, la sécurité de se savoir lié dans une sorte d’usine où se forgent les jeux précis qui servent l’exposition solennelle de vous-mêmes, qui préparent la Fête ».

Le 25 octobre 2017

Sous l'Casque d'Erby