jeudi 7 décembre 2017

Les morts, les vivants et les mort-vivants





JEAN D'ORMESSON EST MORT

Souvenir : billet d'humour de Jean D'ORMESSON  pour l'année de la femme 2016.


Que vous soyez fier comme un coq
Fort comme un bœuf
Têtu comme un âne
Malin comme un singe
Rusé comme un renard
Ou simplement un chaud lapin
Vous êtes tous, un jour ou l'autre
Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche
Vous arrivez à votre premier rendez-vous
Fier comme un paon
Et frais comme un gardon
Et là ... Pas un chat !
Vous faites le pied de grue
Vous demandant si cette bécasse
Vous a réellement posé un lapin
Il y a anguille sous roche
Et pourtant le bouc émissaire
Qui vous a obtenu ce rancard
La tête de linotte
Avec qui vous êtes copain comme cochon
Vous l'a certifié
Cette poule a du chien
Une vraie panthère !
C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois
Quand finalement la fine mouche arrive
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard
Il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard
Sauf que la fameuse souris
Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion
Est en fait aussi plate qu'une limande
Myope comme une taupe
Elle souffle comme un phoque
Et rit comme une baleine
Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat
Vous roulez des yeux de merlan frit
Vous êtes rouge comme une écrevisse
Mais vous restez muet comme une carpe
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez
Mais vous sautez du coq à l'âne
Et finissez par noyer le poisson
Vous avez le cafard
L'envie vous prend de pleurer comme un veau
(ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon)
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes
Et vous inventer une fièvre de cheval
Qui vous permet de filer comme un lièvre
C'est pas que vous êtes une poule mouillée
Vous ne voulez pas être le dindon de la farce
Vous avez beau être doux comme un agneau
Sous vos airs d'ours mal léché
Faut pas vous prendre pour un pigeon
Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie
Et puis, ç'aurait servi à quoi
De se regarder comme des chiens de faïence
Après tout, revenons à nos moutons
Vous avez maintenant une faim de loup
L'envie de dormir comme un loir
Et surtout vous avez d'autres chats à fouetter.

Et puis, il y a eu Johnny


dimanche 12 novembre 2017

11 novembre

Putain de guerre - Tardi
Il y a un an, j'écrivais ce qui suit. Akoibon se casser l'cul à toujours inventer ce que tout le monde sait jusqu'au dégueulis, tant l'oubli est vif aux esprits ! J'ajoute des nouveaux crobards d'Erby, parce que lui sait aussi de quoi il s'agit. Pourquoi chacun agit.

A deux pas de chez moi, entouré d’un quartier résidentiel, où les oiseaux demandent la permission de vocaliser, est érigé un mémorial, ouvrage réalisé pour célébrer le souvenir des enfants du pays expédiés à l’abattoir lors des deux « grandes guerres », parce que telle était et demeure la volonté des Etats aux ordres de la finance mondiale. Il y a deux ou trois jours, un employé communal karcherisait le granit pour lui donner le lustre de circonstance. La propreté a son prix. Je n’ai pas pu retenir un profond sentiment de dégoût, pensant à ce mot de Romain Rolland : « La guerre est le fruit de la faiblesse des peuples et de leur stupidité ».
Les rupins déclenchent les guerres – souvent quand la situation sociale est explosive et le risque de révolution palpable –, organisent des campagnes de propagande haineuses, expédiant par millions de la chair à mitraille sur tous les fronts et, une fois le « ménage » terminé, les peuples comptent les morts, maudissant le frère des pays voisins, qu’ils tiennent pour responsable de l’horreur... Roule frénétique petit tambour !
Aujourd’hui, devant une foule nourrie à l'aliment pour bétaille, on glorifie les survivants, évoquant les clamecés pour rien, mais on célèbre surtout un acte criminel majeur, sous le regard des grandes familles qui l’ont commandité.
A l’ombre des drapeaux nationaux, on dépose des gerbes sur la tombe du soldat inconnu, on se recueille, on ravive la flamme, on entretient les crimes passés pour alimenter les prochaines boucheries !
« Tant que le caprice de quelques hommes fera loyalement égorger des milliers de nos frères, la partie du genre humain consacrée à l’héroïsme sera ce qu’il y a de plus affreux dans la nature entière », écrivait Voltaire.

Sur le sujet, chez le Cénobite : Maudite soit la guerre...



Sous l'casque d'Erby

lundi 6 novembre 2017

Les grands paradoxes de "la Révolution d'Octobre"

La Révolution d'octobre, selon les données astronomiques, a eu lieu en novembre 1917. Les Bolcheviques se sont d'ailleurs ralliés au calendrier (religieux au départ) grégorien en 1918, alors que la hiérarchie orthodoxe continue encore aujourd'hui à utiliser le calendrier julien.

La Révolution d'Octobre fut tout au plus un coup d'État, on ne déplora qu'une dizaine de morts, ce qui est fort peu pour un évènement qui bouleversa le Monde des humains dans ses fondements.

 prise du Palais d'Hiver à Petrograd

La Révolution d'Octobre fut favorisée par les ennemis de la Russie, l'Allemagne, certes, qui laissa passer le train plombé de Lénine et le soutint financièrement ; mais aussi le complexe bancaire anglo-saxon (déjà, eh oui !) qui apporta à Trotski le mondialiste les fonds nécessaires (un peu comme il fut l'apporteur de fonds et de conseils aux traîtres Monnet et Schuman en 1944-45). Les vautours du Grand Capital étaient prêts à dépecer le mourant empire russe : pour une grande part, ils en furent pour leurs frais.

(premier hymne de 1917)

La Révolution d'Octobre fit en sorte de conserver la Russie au frais, loin de ses prédateurs, c'est au point que ce n'est qu'entre 1991 et 1999, avec Eltsine, que ceux-ci eurent le loisir de s'enrichir aux dépens des peuples russes. Dans ce sens-là, elle joua bien son rôle. La Russie demeura et demeure la Russie, quoi qu'en pensent les sympathiques dirigeants de Londres et d'ailleurs. La curée escomptée ne réussit pas : d'où cette haine mise en scène jusqu'à aujourd'hui, à grands coups d'envolées de manches médiatiques et méphitiques. De même les "internationalistes" de Trotski ne purent guère écarteler ce grand corps fragile qu'est une Russie tellement étendue. Ni leurs successeurs comme Brzezinski et d'autres du même bois dont on fait les fagots à brûler...

La Révolution d'octobre commença en pleine nuit, du 6 au 7 novembre 1917, quand les Bolcheviques investirent les bâtiments administratifs principaux de Petrograd (Saint Pétersbourg, qui fut aussi pendant un temps Leningrad). Le palais d'été fut envahi assez facilement. Ce fut vite terminé. Peu après minuit l'ancien gouvernement provisoire de Kerenski en place depuis février signa sa capitulation. Il n'avait pas été brillant.

C'est seulement alors que Lénine, alors réfugié en Finlande, revint rejoindre Trotski et ses troupes. La NEP (nouvelle politique économique) allait pouvoir commencer, ce qui avec le recul fut une bonne chose.

Des lectures pour compléter ?





Certes, ce caillou a cette fois des intonations graves. Ce centenaire est tellement lourd de significations, à une heure où un panier de crabes washingtonien pousse à la fin de l'humanité.

Sous l'Casque d'Erby

Gold save the queen !...