dimanche 12 mars 2017

Chronique d’une pathologie endémique

Marco de Angelis via Erby
La démocratie est en coma prolongé, en piteux état, en ce que vous voulez, mais le diagnostic est sans appel : c’est mort. Le Doc est formel, il a des infos à couper le sifflet au premier piaf venu cueillir du sursis pour la victime.
Par la porte ou par la fenêtre, quand les ouvertures ne sont pas étanches, le vent est comme chez lui, il fait ce qu’il veut. Que vous trépigniez du pied, voire même des deux, c’est du pareil au même, il vous décoiffe comme il en a l’habitude. Ça bat la campagne avec une force colossale, rien ne résiste à son passage.
Les gros nous disent, à longueur et à largeur, qu’ils ne sont pas plus gros que ça. A quoi bon tenter de les en dissuader, puisqu’ils le croient dur comme fer et qu’ils le martèlent à la forge comme on te cogne le melon dès le plus jeune âge ? Ils ne sont pas gros parce qu’ils sont riches, mais parce que la nature les a ainsi pourvus.
Les maigres ont une autre idée. Ils disent que c’est à cause de la ceinture, que si on la serre c’est parce que le fabricant vous a vu plus obèse que vous ne l’êtes et que c’est une faute professionnelle grave. En attendant réparation du Tribunal le plus proche, où plainte a été déposée pour malfaçon, on consulte de l’avocaillon à mille fois la pièce d’or. Comme voulez-vous avec ça faire chauffer la cheminée quand il gèle à pierre fendre ? Des vraies sangsues !
Et vas-y que je t’édulcore la chicorée : « c’est pas moi, c’est l’autre ! Le système, vous voyez ce que je veux dire, oui ou non ?... »
Et l’autre qui ne finit pas de suer, même que c’en devient une piscine à ses pieds quand il a fini de jargonner du bonheur à vous ensabler les portugaises. Or vous savez ce que c’est qu’une piscine électorale, grande ou petite, on finit par se noyer !
Avec ça, le clairon qui n’arrête pas de sonner ! Avant même le chant du coq, il est déjà à nous siffler du décibel à rendre marteau. Tant et si bien que pour le repos, c’est tintin et nuits blanches.
Allez faire le jour avec ça chez le bourgeois ! Récurer leur saleté de la cave au grenier, s’incliner pour misère, courbette par-ci, remerciement par-là. On ramasse, on range, on sert le repas, on recourbe le tout, on ramasse les miettes et quand les oiseaux se cachent pour mourir, on se cache pour vivre, grignotant un quignon de pain disant merci à la vermine.

Sous l’Casque d’Erby


7 commentaires:

  1. Le bonjour aux caillardeuses et aux caillouteux. Plus on avance dans cette campagne, plus le dégoût grandit.

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  2. Oh certes, on a l'impression de se battre contre de terribles moulins à vent, et pourtant on avance, on avance, et puis petit à petit, oh oui, bien petit à petit, on rencontre d'autres mains qui se joignent aux vôtres, et on avance toujours. Les "braves gens" ont surtout peur d'eux-mêmes, de leurs réactions, leurs clins d'yeux, qui pourraient trahir leurs pensées profondes, même s'ils sont en train de passer de survie à trépas. Les escargots meurent DEBOUT ! et passke j'suis pas un p'tit luma je m'y reconnais.

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    1. Salut Jean-Claude. Reçue et lue (pas totalement) ta proposition de Constitution. J'ai aimé le distinguo que tu fais entre 1789 et 1793. Faut pas tomber dans le panneau comme des lapereaux. J'ai un peu tiqué à Brest entendant Méluche accroché à celle de 89, entre autres choses qui ont à mes yeux leur importance!
      J'aime ces escargots qui meurent DEBOUT. Et particulièrement celui de ton lien.

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  3. J'ajoute que l'un de mes meilleurs copains est le père de ma belle-fille, un authentique escargot de Bourgogne (respect) et que le petit-gris du Poitou est loin derrière question taille. Même si la taille ne fait rien à la chose. Le diamètre sociétal, si. Hi hi hi. (euh, moins après une certaine quantité d'années)

    Ben koï, j'ai contrevenu aux diktats glouglouïques ? A mon avis, ils n'auront rien pigé, les plouks...

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  4. Bravo, l'ami Rodo pour ce nouveau billet de ta meilleure verve.
    Dans sa verve à lui, l'ami "Le Yéti" traite différemment du même sujet ("autour de l'élection") pour aboutir, je crois, à peu près au même résultat : "voter Mélenchon en traînant des pieds"...
    Quant à moi, je ne m'y résous pas !... (Rem* qui n'arrive pas à rétablir son inscription...)

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    1. Salut Rémi. Vu le tableau d'ensemble (Macron-Fillon-Le Pen-Hamon fumé) il ne reste guère qu'à s'interroger à l'instar de Le Yeti, bémol compris, mais nous sommes encore loin des délices d'une vraie et bonne révolution! Mais comme il le dit en toute fin d'article : "qui ne risque rien, n'a rien". Et encore là, je me montrerais prudent!

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  5. Je t'ai déjà dit que tu écrivais vraiment très bien ? ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

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